Divagations en tout genre

Hey Old Bro

- Gatsby

Et nous revoila les enfants pour une nouvelle critique de film. J’en entend qui se plaignent dans le fond : ouh, la feignasse, on reveut des dessins moches de Neko, vas-y ça fait genre deux mille ans que t’as fait de B.D. Oui, eh bha, voyez-vous, dans ma pauvre vie d’exploitation et de dur labeur perpétuel, je n’ai pas toujours le temps de dessiner des bds à la con, alors qu’aller passer trois heures au ciné et en faire une critique, c’est quand même beaucoup plus simple. En plus maintenant que j’ai pu acquérir le statut de Stagiaire de Luxe et que mon salaire s’apparente plus à un salaire qu’à trois sous d’argent de poche accordés par pitié, je peux aller souvent au ciné alors j’ai pas fini de vous faire chier de vous importuner avec mes avis de râleuse (je suis un peu difficile en matière de film, comme pourra en témoigner mon chéri le roi des démons dont la patience quand il regarde un film avec moi est sans égale).

Et donc le dernier film que je suis allé voir était Gatsby le magnifique (The Great Gatsby, ouais jsuis bilingue c’est comme ça). Pourquoi ce film ? Et bien je trouve qu’on a beaucoup entendu parler de cette histoire récemment, notamment grâce à la sortie de la bd de Benjamin Bachelier et Stephane Melchior- Durand, des articles sur madmoizelle etc donc j’étais bien curieuse, et quand j’ai vu qu’un film allait sortir je me suis dit bon, un peu de culture, allons voir de quoi ça parle. En plus y a Dicaprio dedans et moi j’aime bien cet acteur, parcequ’il a une bonne tendance à jouer des rôles de fous (de gens fous quoi) au ciné et que moi j’aime bien ce type de film. Bref. Alors pour commencer, de quoi ça parle ?

Eh bien tout d’abord l’histoire est tiré d’une nouvelle de la littérature américaine, elle se passe principalement dans les environs du New York des années 20. L’histoire est raconté par les yeux d’un jeune homme ambitieux désireux de faire sa fortune en profitant de la pluie d’or qui semble tomber à Wall Street, un peu comme tout le monde quoi. Bien qu’il soit assez impliqué dans l’histoire, il est surtout là en tant que témoin et ne prend pas tellement part à l’action, ce qui est un procédé qu'on retrouve parfois en littérature, ça permet de garder une part de mystère sur les agissements des personnages principaux tout en restant impliqué dans l'histoire, et en plus le lecteur/spectateur peut facilement s'identifier, c'est bien pratique. Ce jeune homme a une cousine pleine aux as qui est mariée à un autre monsieur, lui aussi plein aux as (leur vie n’est pas trop difficile, du coup, moi aussi j’aimerais bien pouvoir faire du cheval sur ma pelouse). Et il a par ailleurs un voisin, le mystérieux millionnaire Gatsby (on parle beaucoup d'argent dans cette histoire), étrange personnage que personne n’a jamais vu mais qui organise chaque semaine des fêtes dantesques où se rassemblent toute la population de New York, y a tellement de monde tu te croirais dans une gigantesque boite de nuit. Et bien sur pour une raison mystérieuse ce Gatsby semble vouloir prendre contact avec notre héros hmmm mais que va-t-il se passer ? Bon je vais essayer de ne pas trop spoiler pour l’instant, je développerai peut-être plus tard. Ah, j’ajoute que pour une fois je n’ai pas lu le livre (encore que ça ne saurait tarder), donc je vais parler uniquement de mon ressenti par rapport au film.

Alors d’un point de vue esthétique pour commencer, honnêtement c’est plutôt joli. Je dirais même que je suis assez fan : niveau costume et look des personnages, tout est inspiré des années 20 bien sur, avec des petits cotés modernes, chaque personnage a son petit look que tu sens bien travaillé et pensé, de la bijouterie au maquillage en passant par les coiffures, j’ai maintenant envie de me couper les cheveux courts, d’acheter du rouge à lèvre et de me relooker année folles, avec un long porte cigarette et un air classe et blasé. (Le look des mecs est plus classique mais élégant aussi, d’ailleurs, avec de sympathiques excentricités pour les artistes, le photographe et le joueur d’orgue et leurs mini moustaches). J’ai bien aimé notamment la petite fête dans l’appartement de la maitresse de Tom, on voit très bien le travail fait sur l’atmosphère, avec par exemple la fille en robe d’époque avec son maquillage inversé plus moderne. (C’est comme ça qu’on dit ? J’en sais rien, je fais genre mais en fait j’ai tout appris en lisant des blogs girly).


gatsby

On voit pas beaucoup ce personnage alors que c'est de loin le plus classe, du coup je le met en illustration


En parlant esthétique, la première heure du film est visuellement franchement bluffante. On sent que le réalisateur en a profité pour faire toutes les expérimentations artistiques qui lui passaient par la tête, en terme de montage, de son, etc. Personnellement je trouve que c’est une bonne idée la musique techno rap sur les images du début du siècle, l’intégration d’images d’époques, le montage super nerveux, le passage d’un sujet à l’autre… La partie dans la maison de la cousine est une succession de tableaux hyper graphiques et élégants qui posent très bien l’ambiance de luxe et de raffinement de l’endroit. Les fêtes… Bha te donne envie d’aller dans une bonne grosse énorme fête bien bordélique toi aussi, donc je pense que l’ambiance est assez réussie. Oh, et accessoirement, bien que je sois allé voir le film en 2D, j’avais littéralement l’impression de voir la 3D, la profondeur et la netteté de l’image étaient bluffantes. Bon, au bout d’un moment cet aspect là s calme pour nous faire entrer dans le cœur de l’histoire, ce qui nécessite une autre approche, mais contrairement à certaines personnes qui ont trouvé ça too much, moi je dis : oui c’est too much, c’est beau, c’est parfaitement assumé, ça pose impeccablement l’ambiance, j’approuve.


gatsby

Je vis dans un tableau art nouveau hé ouais


Le reste du film est plutôt cool aussi, ne vous en faite pas. L’histoire est intéressante et plutôt poignante, avec du drame, de l’amour des morts et tout ce qu’il faut. Dicaprio joue comme un dieu, et en plus le petit Tobey Macguire est tout choupi.

gatsby

Grosse Soirée.


En revanche un aspect que je trouve un petit peu dommage, c’est qu’on sent bien dans le film qu’on cherche à évoquer divers thèmes de l’époque, notamment le racisme, le mépris des classes supérieures riches envers ceux sans le sou, ou encore les magouilles financières autour de Wall Street qui allaient entrainer la crise de 29. Ces problématiques sont évoquées dans le film, souvent via une ou quelques réflexions des personnages et puis… voila, c’est tout, on oublie. Bon. Pourtant le film dure 2h30, on aurait peut-être pu caser quelques petites choses (en virant une ou deux scènes de blabla bla je t’aime, blabla roucoulade blabla oui bon on a compris). Et c’est moi ou il se passe un truc entre l’amie golfeuse et le narrateur ? Mystère, mais j’imagine que j’ai qu’à lire le livre ou trouver des bouquins sur le sujet, ce n’est pas le cœur de l’histoire effectivement (encore que, pour la lutte des classes sociales je pense qu’on est en plein dedans justement), Ca reste quand même une histoire d’amour inconditionnelle trop classe et le combat d’un personnage hors norme pour s’élever et attraper tout ce que la société voudrait garder hors de sa portée.

Bon, après si je voulais vraiment pointer du doigt un détail qui m’a dérangé, c’est la conclusion de l’histoire (et donc attention, c’est à partir de maintenant que ça va spoiler les enfants, fermez les yeux en lisant), et l’évolution de la relation Daisy/Gatsby. Voila un amour qui est au départ pur, profond, sincère, inconditionnel. Surviennent les 5 fameuses années de séparation au cous desquelles Gatsby perd sa bien aimée, et les efforts qu’ils déploient pour la reconquérir, c’est assez beau. Et touchant. Mais voila il est pas si irréprochable que ça ce jeune homme. Déjà c’est lui qui s’est barré après la guerre sans donner de nouvelles, et quand il revient il est tout surpris que la fille ait continué à avoir une vie en son abscence (tiens, tu ne t’arretes pas de fonctionner quand je ne suis pas en train de jouer avec toi ?). Bon, retrouvailles émouvantes, ok, c’est cool, la jeune femme l’aime toujours malgré tout (je peux te dire que perso ma première réaction aurait une paire de baffe bien méritée pour avoir disparu comme ça pendant des années). Mais Gatsby ne s’arrete pas en si bon chemin, puisqu’il veut absolument qu’elle laisse tomber toute sa vie pour venir vivre avec lui, là où il l’a décidé, de la façon qu’il a décidé. Pas étonnant qu’elle lui dise « euh, oui bon, on va réfléchir deux minutes quand même hein ? » (je précise qu’elle est quand même mariée depuis plusieurs années et qu’elle a un gamin). Plus que ça, Gatsby va jusqu’à renier tout ce qu’elle a fait et vécu pendant ces 5 ans (mis à part la relation à distance avec lui), réduisant son mariage à une simple erreur de sa part. Je trouve ça quand même un peu violent. Le mec il disparait pendant 5 ans, arrete de donner des nouvelles pour « devenir quelqu’un » (c’est-à-dire devenir un riche escroc, j’appelle ça laisser tomber sa copine pour l’argent quand même), et il pense qu’il va revenir et tout retrouver tel qu’il l’a laissé comme si on avait appuyé sur pause. D’accord, d’accord, je sais ce que vous dites, bien sur que c’est une chimère, le narrateur essae de le dire à Gatsby mais lui est aveuglé par son amour, c’est le personnage qui veut ça. Ok mais alors pourquoi diable, à la fin, Gatsby est présenté comme un ange de pureté et Daisy comme une garce sans cœur et pourrie jusqu’à l’os ? Je trouve ça un peu facile quand même ! Aucun des deux personnages n’est tout blanc mais Gatsby a un peu cherché ce qui lui est arrivé. Je pense qu’il faudrait arrêter de mettre dans la tete des gens que leur partenaire n’est qu’un élément de leur vie, qu’ils peuvent gérer quand ils en ont le temps et mettre de coté pour faire autre chose, et qu’il ne peut pas avoir d’existence en dehors d’eux, ce qui est terriblement faux évidemment.

Bon, après c’est peut-être juste le film qui donne cette impresson là, je ne sais pas, et peut-être que vous trouvez que je chipote trop sur les détails, mais ça m’a quand même un peu attristé, d’autant que je trouvais initialement que leur histoire était magnifique.

Mis à part ces éléments de détail, Gatsby est quand même un film fou, dantesque, qui en met plein les yeux, bien joué et captivant, vous passerez un très bon moment ! Et le mieux est toujours de juger par soi même ^^

A bientot pour un autre artice de dix pages que vous pourrez lire au bureau pour faire semblant de bosser! Avec Neko, avoir l'air de travailler plus pour travailler moins!

Par Neko le 22/05/2013 à 00:00 - 2 commentaires

    Partagez cet article !

Truth is singular. Its versions are mistruth.

Aujourd'hui chers lecteurs, vous aurez droit à une belle critique de film, parce que premièrement ça fait bien trop longtemps que j'en ai pas fait et ensuite parce que le film du jour a été fort injustement critiqué dans beaucoup de magazine alors que franchement, il est cool et en tout cas bien plus cool que pas mal de film qui sortent tout le temps en encombrant toutes les salles de ciné des environs. Mais bon bref, ne nous emportons pas.

Aujourd'hui nous allons donc parler de Cloud Atlas, un film qui est sorti il y a quelques semaines en France, ce qui en soit est assez mystérieux parce qu’il est sorti y a environ 2000 ans dans environ tous les autres pays du monde (ok, septembre dernier, mais quand même, pourquoi ? C'est pourtant censé être une grosse prod, réalisé par les gens de Matrix et tout. Nous resterons perplexe). Cela a surtout permis de faire en sorte que tout le monde l'avait vu longtemps avant son arrivée en salle et avait eu le temps d'en faire la promo, ce qui a eu le mérite de m'inciter à bouger mon cul pour aller voir de quoi il retournait. Et à lire le livre accessoirement, car je suis ce genre de personne pénible qui adore lire le livre et connaître tout le background autour d'une œuvre.

Bref, cela a surtout conduit à la réalisation de cet article déjà d'une taille titanesque, que tout le monde saute de joie à l'idée de le lire je le vois d'ici, ça me réchauffe le cœur.


concert

Difficile de résumer Cloud Atlas, puisqu’il s’offre le luxe de nous narrer parallèlement pas moins de six histoires différentes, à des époques différentes, et pourtant plus reliées entre elles que ce qu’on pourrait penser au premier abord. Tout commence au dix-neuvième siècle, avec les aventures d’un notaire perdu dans les îles de l’empire colonialiste anglais, pour se poursuivre avec les frasques tourmentées d’une jeune mais génial compositeur après la guerre avant de faire un petit bond dans le temps sur les traces d’une journaliste confrontée à une enquête qui pourrait lui coûter plus que la vie. Nous voici maintenant à notre époque, avec la biographie à l’humour très british d’un vieil éditeur, et soudain nous sommes loin dans le futur, vision cauchemardesque de la civilisation qui se développe sans contrôle, pour, finalement, finir au bout du temps, sur les ruines de cette même civilisation. Chaque histoire nous embarque dans sa propre atmosphère, son propre style, on passe du journal de bord au roman épistolaire pour enchaîner sur une enquête policière. Et pourtant dans chaque histoire, dans chaque vie, on retrouve l’écho des autres, les traces qu’elles ont laissées, et l’on devine, peut-être, des liens entre les âmes qui les peuple. Cloud Atlas est cet exercice de style un peu particulier : écrire ces six différentes histoires qui n’ont, à priori, pas le moindre rapport entre elles, et essayer d’en tirer un récit cohérent, s’étendant sur des centaines d’années. Libre au lecteur d’interpréter les choses à sa manière : peut-être n’y a-t-il rien à comprendre, mise à part les drôles de coïncidences que le hasard met sur notre route. Peut-être y a-t-il au contraire une réflexion profonde sur l’évolution des civilisations, sur l’importance de lutter contre l’ordre établi, aussi impossible que cela paraisse. De quelle façon les écrits de chacun influencent-ils la vie de ceux qui les liront, ou les verront, des années plus tard ? Que signifie cette tache de naissance en forme de comète qui transparaît à travers les ages ? Est-elle l’indice de ce qui finira par arriver, à la fin ? Cloud Atlas est un récit plus que prenant, qui suggère beaucoup mais laisse aussi beaucoup de place à la réflexion. Ce que certains trouveront insupportablement frustrant, je le conçois, mais qu'on peut également trouver tout à fait fascinant.


concert

Tu la sens l'histoire d'amour trop belle et trop triste qui va se passer?


Adapter ce type de récit au cinéma est un exercice plutôt périlleux, j’imagine qu’on se retrouve devant son script et qu’on se dit : « bon allez hop, je vais aller tourner six courts métrages d’un coup et les coller ensemble, on va voir ce qui se passe ». Le défi est pourtant bien relevé avec cette adaptation où chaque histoire a son propre univers bien distinct des autres et travaillé avec soin, et où pourtant le film garde un sens et une cohérence assez remarquable. Grâce, peut-être, au fait que chaque acteur assure en fait six rôles, un dans chaque histoire (et donc si comme moi vous êtes un esprit simple, vous allez triper comme un gamin à essayer de reconnaître qui est qui à chaque nouvelle scène).


concert

AMAZING


Si l’histoire est bien respectée, le découpage est très différent mais maîtrisé avec brillo, pour proposer un résultat peut-être encore plus intéressant que le livre. L’esprit du livre est là et l’adaptation est apparemment faite avec amour et souci du détail, jusqu’à la bande son qui colle très bien. (Et pourtant j’imagine le casse-tête que ce doit être que de créer une œuvre musicale qui n’est décrite que par des mots dans un livre, comme c’est le cas ici pour la symphonie Cloud Atlas qui donne son nom à l’histoire). Le film est assez long, certes, en même temps il y a de la matière et des choses à raconter, personnellement je connais des films qui vont sur la même durée et qui sont uniquement remplis de vent (par exemple mon mec m’a fait voir Oblivion récemment. Super, une pub apple de deux heures et demi à la gloire de Tom Cruise, et qui trouve le moyen dans son scénario plat et ultra prévisible de foutre des incohérences partout. Et NON, on ne PEUT PAS être enceinte, accoucher et élever un bébé seule dans une cabane au fond de la forêt sans la moindre ressource technologique, ça ne marche pas et ce n’est certainement pas proche de l’idée que l’on peut se faire d’un bonheur simple et pur. C’est un fantasme. Les gens qui font ça devraient essayer, tiens, pour se faire une idée de ce que c’est).


concert

De l'action!



concert

Des trucs asiatiques!



concert

Et en plus on peut MATER!


En bref, Cloud Atlas est un film très intéressant et bien mené. Les auteurs ont réussi à bien s'approprier l’œuvre tout en la respectant, on retrouve l'esprit du livre avec même quelque chose en plus, que les réalisateurs ont su nous apporter, et franchement que demander de plus à une adaptation ? Et comme l'histoire de base est déjà plutôt stylé, y suffit de se faire plaisir les enfants.

Par Neko le 09/05/2013 à 00:00 - Laisser un commentaire

    Partagez cet article !